L'homosexualité nécrophile du canard

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drÖne
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L'homosexualité nécrophile du canard

Messagepar drÖne » 15 oct. 2010, 14:25

http://www.rue89.com/rue69/2010/10/14/h ... que-171195
Ou comment un cas de nécrophilie homosexuelle chez les canards colverts a été observé. La revue érotique L'imparfaite revient sur cette étrange première.

Il est 17h55 quand le chercheur C. W. Moeliker est dérangé dans son travail par un bruit retentissant.

Il souffle bruyamment. Un oiseau a encore dû se cogner contre la vitre de son bâtiment. Située dans un parc de Rotterdam, la nouvelle façade en verre se transforme en miroir quand le soleil est rasant et de nombreux oiseaux la percutent. Cette fois-ci, C. W. Moeliker redoute qu'une vitre ne soit cassée.

Il se lève et descend vérifier. L'homme sourit. La façade n'a rien et le nouveau spécimen pour sa collection d'oiseaux morts est magnifique. Un canard sauvage mâle resplendissant dans son plumage de reproduction.

Autour du défunt, un de ses congénères, lui aussi en habit d'apparat, fait les cent pas. Il touche la dépouille du bec comme pour le réveiller, sans succès évidemment. Il monte alors sur feu son compagnon, applique son cloaque ‒ l'ouverture postérieure qui sert de seul orifice pour les voies intestinales, urinaires et génitales chez les oiseaux ‒ contre le sien et commence à le violer frénétiquement en lui piquant la tête avec son bec.
Erection explosive : le pénis se déroule en une demi-seconde

Si le témoin avait été équipé d'une caméra vidéo à grande vitesse, il aurait pu voir le pénis de l'assaillant d'une vingtaine de centimètres, spiralé comme une vis, se dérouler en moins d'une demi-seconde. Les chercheurs appellent ça une «  érection explosive  ».

Sans perdre un instant, C. W. Moeliker saisit un appareil photo, un stylo et un carnet pour immortaliser le moment. Il note scrupuleusement les étapes d'un viol qui durera 75 minutes :

« Première pause à 18h29. Trois minutes. Deuxième pause à 18h45. Moins d'une minute. A 19h12 j'arrête la cruelle scène. »

Quand C. W. Moeliker s'approche enfin, le violeur ne s'enfuit pas à tire-d'aile. Il s'écarte de quelques pas en poussant des cris satisfaits.
Le coupable parade sur les lieux de son crime

Le chercheur du Muséum d'histoire naturelle de Rotterdam met le cadavre dans le congélateur du laboratoire et s'en va, laissant le coupable parader encore sur les lieux de son crime.

Le lendemain, C. W. Moeliker essaie de comprendre la scène dont il a été témoin la veille. L'autopsie réalisée ayant confirmé que le cadavre était bien celui d'un mâle, il a le sentiment d'avoir fait une découverte : le premier cas d'homosexualité nécrophile chez les Anas platyrhynchos  !

Une découverte certes, mais qui pouvait être prévisible.
Parfois, des mâles violent une femelle en plein vol

Les canards colverts vivent en couple -dont 2% à 19% sont homosexuels et platoniques- une partie de l'année, et en petits groupes passée la mi-mars. A cette période, certains groupes de douze mâles chassent des femelles afin de les forcer en vol. Un comportement appelé ARF pour « Attempted Rape Flight » [tentative de viol en vol, ndlr] par les ornithologues.

L'évolution a suivi ce comportement. Les canards sont une des rares espèces de volatiles à posséder un pénis. Chez la grande majorité des oiseaux, l'accouplement se fait en accolant les cloaques et nécessite le consentement des deux partenaires. Le pénis permet, lui, de ne pas demander l'avis de la femelle.

Heureusement, ces dames ne sont pas totalement désarmées non plus. Elles ont développé des vagins en spirale qui peuvent empêcher la fécondation non-désirée.

Le viol est d'une banalité telle que l'anatomie de l'espèce s'y est adaptée. Le biologiste et sexologue Bruce Bagemihl a également observé en 1999 des tentatives de viols entre mâles de différents couples.
Viol et nécrophilie, des pratiques courantes

Pour C. W. Moeliker, si le canard violeur était le premier sur les lieux, c'est sans doute qu'il venait de tenter une ARF sur celui qui allait casser sa pipe quelques instants plus tard.

La nécrophilie est plutôt commune aussi. Toujours selon Bruce Bagemihl, des mâles particulièrement excités ont déjà essayé de violer des cadavres de femelles.

Dans ce cas-ci, le fait que la victime soit morte a sûrement poussé l'assaillant à faire durer l'acte.

Témoin de ce viol en 1995, C. W. Moeliker attendra 2001 pour écrire un article, certainement choqué par l'affaire.

En 2003, à Harvard, le chercheur gagnera un Ig Nobel Prize pour ses analyses. Cette distinction vient récompenser les recherches les plus improbables, qui « font rire les gens puis les font réfléchir  ».

C.W. Moeliker a fait empailler la victime du premier cas étudié d'homosexualité nécrophile chez les oiseaux  ; il lui arrive de l'emmener avec lui dans ses conférences.
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drÖne
d'où, chose remarquable, rien ne s'ensuit...

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Ël Rapha
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Re: L'homosexualité nécrophile du canard

Messagepar Ël Rapha » 17 oct. 2010, 22:37

[mortderire.gif]
Anas platyrhynchos  [respect.gif]




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