Bolivie : proche de la guerre civile

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Bolivie : proche de la guerre civile

Messagepar drÖne » 15 sept. 2008, 02:29

http://contrejournal.blogs.liberation.f ... .html#more
Bolivie: «On tiendra, on a des guetteurs, des lance-pierres» disent les indiens

«La révision de la réforme agraire et la nationalisation des hydrocarbures, ça ne pardonne pas. Et le racisme anti-Indien est une corde qui vibre très vite», explique l'écrivain Hervé Hamon, sur des barrages de la route de Tarabuco, à Sucre, en Bolivie. «Nous n’avions jamais pensé revoir nos terres, nous n’avions jamais cru à la démocratie», expliquent des membres de la fédération paysanne.

Hervé Hamon. «Ici, en Bolivie, la presse et les médias ont quasiment oublié l’existence du monde extérieur – autant que l’opinion européenne néglige la Bolivie. Car, chaque jour, la tension est plus forte et les nouvelles plus amères. Le premier président indien de l’histoire, Evo Morales, ancien syndicaliste paysan, se retrouve dos au mur et encaisse provocations sur provocations. C’est peu dire qu’il a été démocratiquement élu : il vient même de remettre son mandat en jeu à mi-parcours, et a remporté les deux tiers des voix. Mais ce sont les voix des pauvres dont la force n’est qu’arithmétique.

Il a commis deux erreurs, Evo Morales. La première est de n’avoir pu ou su rallier la couche moyenne des métis urbains. La seconde est d’avoir, plus démocrate que de raison, décidé que les préfets – équivalents des présidents de région français – seraient désormais élus localement et non désignés par l’État. Dans un pays où le pouvoir central est traditionnellement faible et suspect, c’était téméraire. Résultat : les secteurs les plus riches du pays se sont transformés en bastions hostiles et entament une guerre de sécession. La révision de la réforme agraire et la nationalisation des hydrocarbures, ça ne pardonne pas. Et le racisme anti-Indien est une corde qui vibre très vite.

A Santa Cruz, quartier général de la rébellion, le préfet Costas – auquel l’ambassadeur des États-Unis finalement expulsé s’était offert le culot de rendre une visite ostentatoire – défie par tous les moyens les gouvernants de La Paz. Ses partisans ont bastonné les agents et cadres de la police nationale qui avaient consigne, comme les militaires, de ne point répliquer. Le “comité civique” sur lequel il s’appuie est dirigé par Branko Marinkovic, digne héritier, selon l’entourage présidentiel, d’immigrants croates oustachis dont les attaches fascistes étaient patentes. Des bandes de jeunes “étudiants” masqués et armés, la juventud cruceñista, s’attaquent en complète impunité à ce qui pourrait évoquer un service public : hôtel des impôts, télévision nationale, télécommunications, tout est saccagé, tout flambe. Sans oublier l’institut en charge de la réforme agraire, lequel vient opportunément de révéler que 180 000 km2 de forêt amazonienne ont été, moyennant corruption, squattés par une poignée d’“investisseurs” sans scrupule.
Les accès à La Paz sont fréquemment bloqués par les camionneurs (souvenir du Chili d’Allende). Les frontières de l’Argentine, du Brésil, du Paraguay le sont aussi. Les vannes des pipelines de gaz naturel à destination du Brésil sont coupées voire sabotées (il en coûte à l’économie nationale 8 millions de dollars par jour). Les gros producteurs de viande stockent leur marchandise afin de semer la panique. Partout, les “comités civiques”, encouragés par une presse qui leur appartient, adoptent la même stratégie : pousser Evo à la faute, convaincre les Boliviens que le pays va s’effondrer. Le gouvernement, lui, se refuse à décréter l’état de siège, écarte toute réplique policière ou militaire, se déclare ouvert au dialogue, annonce un aggiornamento constitutionnel pour janvier – ce dont l’opposition ne veut à aucun prix.
Tout le monde est à bout. Et d’abord les paysans, les Indiens, dont les récoltes, cette année, ont été compromises par l’excès de pluie et qui vivent avec quelques Euros par jour. Comme Evo dont le nom est célébré sur les murs de terre du moindre hameau, ils serrent les dents, ils endurent, quelle que soit la rage. A Sucre, où je me trouve, lors d’un paisible rassemblement (le président devait remettre aux communautés indiennes quelques ambulances mais son avion fut empêché d’atterrir), leurs porte-parole ont été déshabillés, contraints de s’agenouiller en place publique. Œuvre de quelques excités, d’un Ku Klux Klan sorti de l’ombre ? Pas du tout. Les victimes incriminent le recteur de l’université, la mairesse, la future préfète, et bien sûr le “comité civique”.
Ils ont fini par répliquer comme ils pouvaient, les Indiens, barrant les routes autour de la cité. Je suis allé à leur rencontre sur la route de Tarabuco. Des pierres sur la chaussée, des épineux. Des hommes et des femmes calmes, ce qui ne veut pas dire tranquilles. Il fait froid, la nuit, voilà six jours qu’ils ont laissé leurs maisons, confié les enfants aux aînés. Au fil de trois barrages, ce sont les mêmes mots qui sortent, les mêmes thèmes. Nous voulons élire nous-mêmes nos représentants locaux, nos sous-préfets. Nous voulons que les racistes soient sanctionnés. Nous voulons aider notre président, c’est la première fois qu’un président nous rencontre, est des nôtres, c’est la première fois que nos anciens perçoivent une renta dignidad, un minimum vieillesse. Nous voulons que les universités, où nous commençons à avoir des enfants, n’enseignent pas la discrimination. Nous voulons qu’il n’y ait pas de différence entre ceux qui parlent castillan et ceux qui parlent quechua.
Les hommes, dans leur discours, sont plus solennels. “Est-ce que tu connais un endroit où des hommes s’agenouillent devant un homme, pas devant un Dieu ?” “J’ai émigré pendant plus de quinze ans, crie un autre. Et nous, les émigrés, nous avons été oubliés par ceux qui nous humilient maintenant. Mais nous sommes rentrés au pays, nous n’avions jamais pensé revoir nos terres, nous n’avions jamais cru à la démocratie, pourtant nous sommes revenus avec des idées fortes.” Mais ce sont les femmes qui disent la douleur. Avec une sorte de timidité souriante. “Dans le bus, en ville, celles qui ont la robe, pas la jupe comme nous, celles qui sont des dames et qui n’ont pas des sandales aux pieds nous regardent de telle manière que nous nous taisons. On pleure quand on les entend dire que nous puons. On pleure mais on pense que leurs mères, à elles, portaient peut-être bien, elles aussi, notre jupe. Même si c’est une autre qui est humiliée et pas moi, je pleure, c’est pareil que ça soit une autre.” Je les ai quittés au soir. Ils se tenaient en rond sur la route nue. L’un d’entre eux brandissait très haut le wiphala, le drapeau bariolé du mouvement indien que les civicos avaient brûlé peu auparavant. Je leur ai demandé comment ils voyaient l’avenir. “On tiendra, a dit l’une, on a des guetteurs, des lance-pierres.” “On ne sait pas, ont dit les autres. On tiendra mais on ne sait pas.”»
Les boules, quand même ! LLB et moi pouvons largement confirmer, même si nous ne sommes restés qu'un mois en Bolivie, qu'il y a deux ans déjà (c'est à dire 6 mois environ après l'élection de Morales), la plupart des réformes promises avaient été engagées et portaient leurs fruits : droits de base (avoir des documents d'identité, pour les gens de la campagne, pour pouvoir voter), retraite (supprimées par le précédent gouvernement), dispositifs participatifs (culture du débat et de la prise de décision au consensus chez les communautés traditionnelles andines : pas besoin du bâton de parole des babas de la Rainbow family...), répartition de terres à ceux qui les travaillent, etc. Et surtout, immense fierté retrouvée des boliviens d'origine indigène. Mais à Santa Cruz, ça puait déjà la haine.

Y'aurait pas une manifestive par chez vous à organiser en soutien et pour attirer l'attention de ces cons d'intellctuels français soit disant de gauche (en reste-t-il ?) qui, à part Danielle Mitterrand, n'ont jamais rien fait pour soutenir le processus démocratique bolivien ? Je sais pas moi, un peu de soutien, genre ?

Un truc qui me fout les boules aussi, c'est de voir que ce sont des universitaires boliviens qui mènent les émeutes racistes. J'avais envoyé un mail à un anthropologue qui avait fait un article dénonçant les premières émeutes racistes, en disant qu'il serait assez pertinent que les universitaires français qui ont des contact avec la Bolivie prennent position fermement, et dénoncent tous leurs accords de coopération interuniversitaire ou de recherche, s'ils en ont. Jamais eu de réponse (je dois puer des pieds). Mais bon, en gros, ça serait quand même une idée plus inbtéressante pour nos "intellectuels" que de continuer à pisser de la copie à la chaine pour faire grimper leur "H factor".

Mais je dois aussi puer du cerveau pour penser comme ça...


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Messagepar TouF » 15 sept. 2008, 08:53

J'ai vraiment pas besoin de ça dans ma déprime actuelle!...
J'ai vu un flash la-dessus à la télé ce WE... 10 secondes... à peine une image subliminale...
j'avais réussi à mettre un voile par-dessus, et voila tu le remets au jour...
Ils sont vraiment pas médiatiques ces traines-savates indiens... ils n'ont pas l'aura des tibétains...
Franchement même à des milliers de kilomètres tu arrives à nous faire chier! :evil: :wink:

La situation intérieur de la Bolivie d'aujourd'hui ressemble vraiment trop à celle de l'Espagne de 36!... Quand on fait le parallèle avec cette epoque, et que l'on compare pes réactions suscitées à l'extérieur... :( ... je trouve pas les mots... ce n'est même plus des mots de colère... mais de désespoir

Les manifestives, ouai, tu me diras que c'est avant-tout pour faire quelque chose, même insignifiant ou inutile, histoire de pas rester les bras croisés...
Je suis un pessimiste, je sais, mais je trouve que même pour des problemes intérieurs nos manifestives ne sont entendus que par la préfecture de police et les RG, et ne mobilise qu'une poigné de proches... alors, pour faire entendre les voix des indiens à des milliers de kilomètre avec les militants gauchiste que l'on a dans notre société lancée dans sa dévolution....

Hiers je rerereregardait un extrait de l'abécédaire, et je me dit se matin:
comment déclenché ce "sombre précurseur", comment obtenir le Zig-Zag....
J'en sais foutre rien Bordel!

No Hope...
J'envie ma mère partie en quelques jours l'année derniere, l'esprit tranquile, presque contente...(d'ailleur je citerai les derniers mots du pere deleuze dans l'abécédaire à l'adresse de l'equipe de tournage qui pourrait etre en quelque sorte une traduction):
"...et bin voila... je vous remercie de votre gentillesse"

Ah oui, j'ai failli oublié, quand tu vois ce qui se passe à la fete de l'inhumanité:
Des sans-papiers agressés par la CGT à la fête de l’Huma !

Les sans-papiers de la Coordination 75 qui tiennent un point d’information sur le stand de la Bolivie à la fête de l’Humanité ont été agressés par des représentants de la CGT - qui leur reprochent l’occupation de la Bourse du travail. Les cégétistes ont menacé de déranger pendant les trois jours de la fête le stand de la Bolivie où la CSP75 est accueillie en vertu de l’appel d’Evo Morales en solidarité avec tous les sans-papiers du monde. Si le problème n’est pas rapidement résolu, la CSP75 annonce qu’elle pourrait, au besoin, diriger sur la fête de l’Huma sa manifestation prévue demain samedi vers la Préfecture. La CSP75 appelle tous les sympathisants, les soutiens, et tous les sans-papiers à se rassembler à la Bourse du travail, rue Charlot, samedi à midi (12h), pour se rendre ensemble à la fête de l’Humanité, si nécessaire.
ps: Le H factor, c'est en rapport avec le "facteur de hirsch"?


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Messagepar TouF » 15 sept. 2008, 09:11

et voila ce qu'on trouve quand on lance une recherche gogole avec le mot bolivie:
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Découvrez la Bolivie
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Résultats de recherche

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Le Ministère français des Affaires Etrangères présente ses renseignements sur les déplacements, la sécurité, les transports et la santé.
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Bolivie : Partir en Bolivie - Tourisme, loisirs et culture
Au coeur de la Cordillière des Andes, la fascinante Bolivie reste un monde à part de notre planète. Du Lac Titicaca au salar d'Uyuni, découvrez l'altiplano ...
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Decouverte de la Bolivie, des Andes a l'Amazonie. Guide touristique, photos et infos pratiques: conseils aux voyageurs, cartes, logement, sante, cuisine, ...
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BOLIVIE : Géographie et tourisme en Bolivie
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Ambassade de France en Bolivie
Informations destinées à la communauté française en Bolivie, aux étudiants, aux voyageurs.
(j'ai ignoré les pubs à droite de la page)

A part le Monde diplomatique?....
du tourisme, c'est tout... V comme Voyage.... pfff, putain j'adore deleuze


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Messagepar TouF » 15 sept. 2008, 09:15

Bolivie: gouvernement et opposition renouent le fil du dialogue

Il y a 1 heure

LA PAZ (AFP) — Le gouvernement et l'opposition ont renoué le fil du dialogue dimanche en Bolivie, faisant naître l'espoir d'une issue pacifique à la grave crise politique qui a placé le pays andin au bord de la guerre civile.

"Le gouvernement se présente avec une ample prédisposition à discuter des questions de fond", a annoncé le vice-président Alvaro Garcia, depuis le palais présidentiel de La Paz, où ont commencé les pourparlers dans la soirée.

La Bolivie est secouée depuis plusieurs jours par une vague de violences dans cinq régions (Santa Cruz, Pando, Beni, Tarija et Chuquisaca) dirigées par l'opposition libérale, en conflit ouvert avec le président socialiste Evo Morales. De graves affrontements entre les partisans et les adversaires de M. Morales ont fait au moins 18 morts et une centaine de blessés au cours de la semaine dans la région de Pando, dans le nord du pays, où règne la loi martiale depuis trois jours.

Le vice-président bolivien a toutefois averti que le gouvernement n'allait pas "négocier les morts", rappelant qu'un mandat d'arrêt a été émis à l'encontre du gouverneur de Pando, Leopoldo Fernandez, accusé d'avoir violé l'état de siège. M. Fernandez est en outre accusé par le gouvernement d'avoir organisé un "massacre" de paysans fidèles au chef de l'Etat, dans la localité de Porvenir, où seize personnes ont été tuées jeudi.

Le ministre bolivien de la présidence, Juan Ramon Quintana, a assuré que les "auteurs de ce massacre finiraient à Chonchocoro", une prison de haute sécurité située dans le haut plateau bolivien.

Une commission d'enquête devait être dépêchée sur place. Le gouverneur de la région, qui avait publiquement refusé de respecter l'état de siège, avait démenti les rumeurs selon lesquelles il projetait de fuir au Brésil.

D'importants renforts militaires ont été envoyés à Cobija, la capitale régionale, pour rétablir l'ordre et reprendre le contrôle des bâtiments publics qui avaient été occupés par des groupes armés.

Le porte-parole de l'opposition, Mario Cossi, gouverneur de la région de Tarija, s'est rendu en fin d'après-midi au palais présidentiel, où il doit débuter les négociations avec des délégués du gouvernement. Un peu plus tôt dans la journée, des représentants de l'opposition avait fait un geste, en annonçant la suspension des manifestations et des blocages routiers. Les régions d'opposition, qui détiennent les principales richesses naturelles, réclament une plus large autonomie et notamment la gestion du lucratif impôt sur les hydrocarbures.Elles rejettent aussi le projet de Constitution socialiste et de réforme agraire que M. Morales, premier président amérindien, veut faire adopter par référendum dans ce pays de 10 millions d'habitants, le plus pauvre d'Amérique du sud.

La crise a ravivé les tensions ethniques dans ce pays divisé entre les partisans du chef de l'Etat, en majorité des paysans pauvres des Andes, et la population métisse ou blanche qui vit dans les plaines de l'est et du sud.

Elle a aussi pris une dimension internationale avec le renvoi de l'ambassadeur américain à La Paz, accusé d'avoir soutenu l'opposition. Juste avant son expulsion, l'ambassadeur américain Philip Goldberg a averti dimanche que son départ aurait des "conséquences sérieuses" pour la Bolivie, reprochant à M. Morales de n'avoir pas "évalué correctement" la mesure de son renvoi.

Les Etats-Unis versent annuellement une aide de plus de 100 millions de dollars à la Bolivie, troisième pays producteur de cocaïne après la Colombie et le Pérou.

La réunion extraordinaire de l'Union des Nations sud-américaines (Unasur), prévue lundi au Chili, tentera de confirmer l'apaisement de la crise bolivienne.


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Messagepar drÖne » 15 sept. 2008, 13:52

Cons de communistes !

Sinon, le facteur H n'a malheuresuement rien à voir avec l'herbe qui rend nigaud, mais constitue un système de mesure de la renommée des articles scientifiques. Un applaudimètre pour le radio-crochet stupide de la recherche contemporaine au miroir du dogme du "publish or perish" yankee. C'est l'un des facteurs de technicisation et de désengagement intellectuel des chercheurs, qui n'ont plus qu'une seule obsession : être applaudis au H factor, comme on reçoit beaucoup d' "amis" sur MySpace, plutôt que de se mettre à penser. Le tout étant bien entendu piloté par des intérêts du styme : si j'ai un bon facteur H, j'aurai plus de budgets pour mon labo.


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Messagepar drÖne » 15 sept. 2008, 16:30

La situation intérieur de la Bolivie d'aujourd'hui ressemble vraiment trop à celle de l'Espagne de 36!... Quand on fait le parallèle avec cette epoque, et que l'on compare pes réactions suscitées à l'extérieur... :( ... je trouve pas les mots... ce n'est même plus des mots de colère... mais de désespoir
Et encore, en 36 il y a au moins eu les Brigades Internationales qui sont venues aider militairement la République espagnole. Avec l'Amérique Latine, au mieux il n'y a pas intervention pour aider les droites réactionnaires, et au pire c'est des coups d'Etat pilotés depuis les USA ou l'Europe...
Les manifestives, ouai, tu me diras que c'est avant-tout pour faire quelque chose, même insignifiant ou inutile, histoire de pas rester les bras croisés...
Je suis un pessimiste, je sais, mais je trouve que même pour des problemes intérieurs nos manifestives ne sont entendus que par la préfecture de police et les RG, et ne mobilise qu'une poigné de proches... alors, pour faire entendre les voix des indiens à des milliers de kilomètre avec les militants gauchiste que l'on a dans notre société lancée dans sa dévolution....
Ouais, c'est sur, c'était juste une idée impulsive. J'ai vu qu'il y a quelque sociétés savantes dans le domaine des études boliviennes en France, mais visiblement c'est de petits groupes. Ils sont peut-être eux mêmes désespérés, et vu l'état des sciences sociales en France (avec la future liquidation par le bas du CNRS, en fait c'est déjà fait avec le projet d'institut des SHS et la révocation la semaine dernière de la directrice du département SHS du CNRS, sans motif...), elles n'ont sans doute pas plus de poids qu'une manifestive de free parteux entre place de Clichy et Barbès.

L'abécédaire de Deleuze, hum, oui, mais c'est un monde intellectuel et universitaire qui a disparu aujourd'hui. Ceux qui tentent d'avoir une pensée claire et engagée doivent le faire en douce, dans la clandestinité, et pire, quand ils le font, personne ne se rend compte qu'ils le font et on nous ressort sans cesse les vieilles gloires du passé (Deleuze, Foucault, Bourdieu) ou les jeunes loups médiatiques et/ou relativistes (Latour, Waquant, etc.) comme pour mieux exorciser la médiocrité ambiante généralisée. Et ça, ça n'aide pas les gens biens qui résistent à résister.

Le cercle vicieux du retour à la barbarie est bien engagé. En attendant, en Bolivie, des indigènes se font tuer parce qu'ils sont pauvres et indigènes, et ça c'est pas des états d'âmes d'universitaires mais la réalité qui a en partie aussi à voir avec l'absence de soutien et d'intérêt des démocraties occidentales pour ce qui se passe en Bolivie depuis 3 ans.


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Messagepar TouF » 15 sept. 2008, 17:13

Je vous pris, Ô grand présidictateur, de garder en mémoire, que pour ma part , humble prolétaire, "penser" est quelque chose de tellement récent que l'abécédaire est une source de réflexion éternelle (dans le sens que je n'aurai pas assez de toute ma vie pour saisir tous les themes abordés), et restera pendant encore longtemps un canevas, un référend, une carte, un guide extraordinaire à la fois succint et complet qui me permet de ne pas me perdre plus que je le suis au sein de vos univers riches & mystérieux!
...
je sais que tu sais ce que j'allais dire... mais j'offre mon temps à écrire tant qu'il m'appartient, et je reviendrais ulterieurement sur le sujet de la Bolivie.
et couvre toi bien! 8)


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Messagepar TouF » 15 sept. 2008, 22:42

La situation intérieur de la Bolivie d'aujourd'hui ressemble vraiment trop à celle de l'Espagne de 36!... Quand on fait le parallèle avec cette epoque, et que l'on compare pes réactions suscitées à l'extérieur... :( ... je trouve pas les mots... ce n'est même plus des mots de colère... mais de désespoir
Et encore, en 36 il y a au moins eu les Brigades Internationales qui sont venues aider militairement la République espagnole. Avec l'Amérique Latine, au mieux il n'y a pas intervention pour aider les droites réactionnaires, et au pire c'est des coups d'Etat pilotés depuis les USA ou l'Europe...
je voulaisdire: Cela me fait penser à la situation précédent la guerre d'Espagne avec l'armée qui commence à être sur les dents! ...
et pi finallement t'a trouvé les mots que je cherchaient! :roll: :)
Ouais, c'est sur, c'était juste une idée impulsive. J'ai vu qu'il y a quelque sociétés savantes dans le domaine des études boliviennes en France, mais visiblement c'est de petits groupes. Ils sont peut-être eux mêmes désespérés, et vu l'état des sciences sociales en France (avec la future liquidation par le bas du CNRS, en fait c'est déjà fait avec le projet d'institut des SHS et la révocation la semaine dernière de la directrice du département SHS du CNRS, sans motif...), elles n'ont sans doute pas plus de poids qu'une manifestive de free parteux entre place de Clichy et Barbès.
Je pensais pas forcement aux free-parteux :roll: mais aux divers collectifsassimilés à l'extreme-gauche/autonome etc .... mais soient ils ont deja beaucoup à faire de leur cotés, soient les "mobiliser" pour soutenir un gouvernement reste on ne peut plus naïf.
Ouai ya pas grand chose à faire à part bruler un cierge... ou une synagogue? (faut bien un bouc-emissaire!)... humour douteux je l'avoue, mais il ne me reste qu'ironie et cynisme :?
vaut mieux que j'aille me coucher


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Messagepar TouF » 16 sept. 2008, 20:36

Va savoir si ce n'est pas qu'une rémission... en tout cas c'est déjà ça!

BOLIVIE • Tous derrière Evo
"Soutenir unanimement Evo Morales, pointer du doigt les opposants du gouvernement bolivien [principalement les régions autonomistes de l'est du pays] et s'opposer catégoriquement à toute rupture institutionnelle pouvant menacer l'intégrité du territoire bolivien, tels sont trois des neuf points figurant dans la "déclaration de la Moneda" [en référence au siège du gouvernement chilien, le palais de la Moneda], signée lundi 15 septembre à Santiago", relate La Nación. Les chefs des Etats membres de l'UNASUR [Union des nations sud-américaines] avaient été convoqués à une réunion exceptionnelle destinée à résoudre la crise entre le président bolivien et ses opposants politiques. A noter qu'aucune mention des Etats-Unis n'est faite dans le texte final, comme le désirait pourtant Hugo Chávez, le président vénézuélien. En laissant les Etats-Unis hors des conclusions de l'UNASUR, "l'Amérique du Sud prouve à ses voisins qu'elle est capable de régler ses problèmes de manière indépendante et concertée", conclut le quotidien argentin.

http://www.courrierinternational.com/ar ... j_id=89359



Bolivie: Le gouverneur de Pando arrêté

L'armée bolivienne a arrêté mardi Leopoldo Fernandez, gouverneur de la province bolivienne de Pando et opposant au président Evo Morales. Il est accusé d'incitation à la violence, selon la télévision bolivienne. Il a été conduit à l'aéroport de Cobija, la capitale de cette province située dans le nord de la Bolivie, théâtre de violences politiques qui ont fait au moins 16 morts ces derniers jours.

http://www.lejdd.fr/cmc/scanner/interna ... html?popup


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Messagepar drÖne » 18 sept. 2008, 13:41

http://www.liberation.fr/actualite/monde/352662.FR.php
Des pro-Morales fusillés au Pando
Bolivie. Arrestation d’un préfet de région après l’assassinat de paysans acquis au président.
De notre correspondant à La Paz REZA NOURMAMODE


«Nous nous sommes dispersés, car nous étions sans défense, explique Rodrigo Melina, rescapé de la tuerie. Les gens se jetaient dans la rivière, et là c’était incroyable, ils ont mitraillé ceux qui essayaient de traverser.» Depuis le début de la semaine, les témoignages glaçants se multiplient et tous racontent comment un groupe de paysans fidèles au président Evo Morales, simplement armés de bâtons, est tombé, la semaine passée, dans une embuscade tendue par des hommes armés à 30 kilomètres de Cobija, capitale de la région amazonienne du Pando (nord de la Bolivie).

Fosse commune.

Déplacés dans la capitale par les autorités pour les mettre à l’abri, et rassemblés mardi dans les salons du Parlement, certains rescapés assurent même que de jeunes enfants figurent parmi les victimes. «Nous sommes arrivés à la rivière, raconte Claudia Alpire, paysanne indigène de la commune de Filadelfia, et là ils ont tué les enfants. Des enfants d’1 an, de 6 ans, et de 8 ans, qui pleuraient et suppliaient leurs mères pour qu’on ne les tue pas. Ils les ont d’abord battus et après ils leur ont tiré dans le dos. Ces enfants sont là-bas et je crois que les poissons les ont mangés.» Le gouvernement, qui estime que le carnage a fait au bas mot 15 morts, une trentaine de blessés et provoqué une centaine de disparus - certaines sources font état de 30, voire 100 victimes -, n’a pas encore confirmé la mort d’enfants alors que la recherche de corps se poursuit.

Une commission d’enquête de l’Assemblée bolivienne des droits de l’homme est déjà sur place, en attendant la venue d’organisations internationales. Pour Rodrigo Melina, les autorités locales sont impliquées : «Le responsable, c’est Leopoldo Fernandez [le gouverneur du Pando, ndlr], affirme-t-il. Nous avons vu des véhicules des autorités locales avec à l’intérieur plus de 30 hommes armés de fusils, de mitraillettes et de revolvers.» Les rescapés soulignent que de nombreux corps ont été récupérés par les auteurs de la tuerie pour être enterrés dans une fosse commune.

Accusé par le gouvernement d’être responsable du massacre et d’avoir engagé des mercenaires, dont des ressortissants brésiliens et péruviens, pour accomplir le sale boulot, le gouverneur Fernandez a été arrêté mardi à Cobija par les militaires, officiellement pour «refus de se soumettre à l’état d’urgence», avant d’être transféré à La Paz et détenu dans un endroit gardé secret.

Les événements du Pando ont été les plus violents de la semaine d’affrontements qui ont opposé les militants autonomistes aux partisans du président Morales. Et l’état d’urgence a été décreté par le chef de l’Etat, vendredi, dans cette région frontalière du Brésil et du Pérou.

«Il n’y aura pas d’impunité dans ce dossier», avait prévenu dès dimanche Sacha Llorenti, vice-ministre des Relations sociales, ajoutant même : «Leopoldo Fernandez aura droit à une sentence de trente ans de prison.» Visé par une instruction ouverte par le procureur général de la République pour «génocide dans sa catégorie de massacre sanglant», le préfet risque en effet une peine maximale de trente années d’emprisonnement, sans possibilité de libération anticipée.

Régime de terreur. Agé de 56 ans, Leopoldo Fernandez a été député et sénateur du Pando de 1979 à 2005, avant d’être élu préfet. Au sein du parti Action démocratique et sociale (ADS), il a participé au retour au pouvoir de l’ancien dictateur militaire Hugo Banzer en 1997. Les opposants à Fernandez, également entrepreneur du secteur agro-industriel, l’accusent d’avoir instauré un régime de terreur à la solde des grands propriétaires terriens. Le Comité civique proSanta Cruz, principale organisation autonomiste, a réclamé hier la libération immédiate du gouverneur du Pando, sans pour autant mettre dans la balance une éventuelle rupture du fragile dialogue entre gouvernement et opposition.


drÖne
d'où, chose remarquable, rien ne s'ensuit...


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