mercredi 20 septembre 2017
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Comment se débarrasser de ses amis

amis2tropVos amis sont cons, vulgaires et encombrants ? Ils s’entassent par grappes sur votre canapé, vident vos bouteilles de whisky, consomment vos cacahouètes périmées et viennent regarder les matchs de foot à la télévision à l’heure du porno sur Canal + ? A Noël et au jour de l’an, ils vous apportent des cadeaux inutiles que vous devez jeter à la déchetterie ? Il est temps de passer à l’action et de vous en débarrasser.

Car au-delà de ces saines considérations esthétiques, il y a également une rationalité économique qui nous impose de réguler le nombre de nos amis. En effet, nous vivons dans un monde de compétition, dans lequel nous sommes tous en concurrence les uns avec les autres. Dans un État totalitaire digne de ce nom, comme la Drönésie orientale, dans lequel chaque escl… citoyen est au service de l’Intérêt Général du Présidictateur, et donc au service de l’Économie de Marché et de sa Sainte Inquisition, le Marketing, il importe de ne pas laisser s’installer des activités subversives ou qui amollissent l’instinct de compétition. Parmi ces activités proscrites, l’une des pires est l’amitié : aucune rentabilité à court terme, prédilection pour l’entre-aide, baisse du potentiel d’agressivité, etc. En conséquence, il est urgent de vous débarrasser de vos amis. Voici une série de méthodes, approuvées par le Ministère du Redressement Productif et de l’Économie Concurrentielle Libre et Non Faussée. Elles ont été publiée dans le magnifique ouvrage de deux chercheurs Drönésiens en sociologie de la communication : P. Téderire et N. Desautres, du laboratoire de Sociologie Productiviste de l’Université Dröne IV.

Nous en extrayons quelques méthodes infaillibles :

A) Méthodes évitant les contacts préalables :

– Ils sonnent à la porte, la gueule enfarinée, un gâteau à la main, et vous avez complètement oublié que vous aviez invité ces cons aujourd’hui. Le plus simple est de les insulter copieusement à travers la porte en les menaçant d’appeler la gendarmerie s’ils persistent à sonner. S’ils insistent, tirez quelques cartouches à blanc à travers la porte (de toute manière, elles est pourrie et il va falloir la blinder pour intimider tous les abrutis qui tentent encore de venir vous voir).

– Une méthode en teasing, assez complexe, mais efficace : mettons que vous habitez dans un endroit paradisiaque (île, cocotiers, sable fin, vahinés, le genre de voyage qui fait rêver les beaufs). Invitez vos amis surnuméraires, vu que ça fait des semaines qu’ils vous serinent « alors, c’est bien chez toi ? ici il pleut, on n’a jamais de soleil, quelle chance tu as, patati et patata… ». Évidemment, ils vont illico acheter un billet d’avion et rappliquer. Vous aurez eu soin de leur donner un faux numéro de téléphone sur place, et une fausse adresse, ainsi que de leur conseiller pour des raisons pratiques de venir avec le dernier vol du soir. Le jour venu, vous ne venez pas les attendre à l’aéroport, mais vous vous planquez avec des lunettes noires et des jumelles au fond du parking pour jouir du spectacle de leur détresse.

B) Méthodes impliquant un contact préalable à la rupture :

– Ils sonnent, la gueule endimanchée, un bouquet de fleurs à la main : vous haïssez les fleurs autant que ces cons qui ne pensent qu’à sauver les pauvres et les dominés de la Planète. En plus, ils ont récemment adhéré au Front de Gauche et ne regardent qu’Arte. Mettez TF1 à fond. Arrosez vous de Pastis 51 et de bière des pieds à la tête, débraillez-vous, laissez dépasser votre sexe de votre braguette et ouvrez-leurs en tenant une bouteille de vodka à moitié vide à la main. Ne dites pas bonjour, mais vomissez directement sur la robe de la copine, hurlez « Ho, non, pas eux ! », puis écroulez-vous sur le palier en arrachant la jupe de la fille au passage en faisant mine de vous raccrocher au premier truc venu pour éviter de tomber. Ronflez par terre, en rotant de temps en temps et en bavant sur les baskets du copain. Logiquement, vos amis ne devraient plus revenir vous ennuyer.

– Ils frappent à la porte, débarquant de leur cambrousse pourrie après des centaines de kilomètres de route. Des amis, la tuile ! Vous aviez prévu de passer une soirée tranquille devant Ushuaïa, puis d’écouter le journal de Jean-Pierre Pernault sur TF1 : pas question de rater ça. Pour les virer vite fait, munissez vous d’une seringue, renversez de la farine sur la table du salon et déposez-y une cuillère à café tordue et un peu cramée avec un briquet ainsi que quelques 1/4 de feuilles de papier pliées. Avec un bic rouge, dessinez-vous des points sur les avant-bras, au niveau des artères. Épluchez vite un oignon pour avoir les yeux rouges. Quand Édouard et Marie Chantal ont tambouriné durant 10 bonnes minutes à la porte en gueulant « coucou, c’est nous, on espère qu’on n’est pas trop en avance pour le repaaaaas ? », ouvrez-leur d’un air affairé et égaré, et dites simplement : « ah, vous voilà, faut que vous me filiez 500 sacs pour ma dope, je suis en manque. En plus, je suis à la bourre, je dois aller aux putes. Vite filez-moi votre blé, putain, ça urge, allez quoi, faites pas chier, mes 500 sacs bordel ! », le tout sur un ton agressif tout en agitant votre seringue. En général, les invités rebroussent chemin aussi sec.

– Étaler des magazines spécialisés échangistes et disséminer des capotes usagées un peu partout dans l’appartement : méthode silencieuse et efficace, qui évite de devoir jouer un rôle comme dans le cas précédent. Variante : si vous recevez des amis gauchistes, un exemplaire de Mein Kampf bien en vue aux toilettes devrait être efficace. Inversement, avec des amis de droite, un exemplaire du petit livre rouge et du Capital, plus des posters de Staline dans les lieux d’aisances, et vous voilà débarrassé de ces fâcheux.

– Pour les mal-venus qui traînent encore vers les 20 h dans votre chez-vous, invitez-les à manger tout en lâchant une boule puante dans la cuisine… Il ne vous restera plus qu’à chasser les mauvaises odeurs. Les vilains seront déjà partis.

C) En désespoir de cause

Si vraiment vous avez des amis collants qui insistent, alors n’hésitez pas, venez vivre en Drönésie et appliquez la solution finale : enfermez vous dans un bunker et pointez votre canon sur le chemin d’accès.

bunker

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