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dimanche 26 mai 2019
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Construction participative du mur de Jerüberlïn

Bulletin Officiel. 10 novembre 2009.

Le Présidictateur, dans son immense clairvoyance, a décidé de couper la ville frontière de Jerüberlïn en deux par un grand mur. Cette ville, située à la frontière de notre glorieux territoire drönésien et de celui de ces infects chiens de Barbudos, nos ennemis héréditaires, était en effet le théâtre d’infiltrations régulières de la part de commandos de l’ultra-gauche barbudienne qui pénétraient jusque dans nos campagnes pour menacer nos institutions prédidictatoriales, le développement durable de notre industrie nucléaire et nos usines de production de mines anti-personnel. Cela ne pouvait plus durer ! Pourtant, depuis l’invasion légitime de la zone est de la Barbudie occidentale par notre Grande Armée de Libération, afin d’y installer nos colonies drönésiennes, nous avions tenté d’apporter un peu de civilisation à ces peuplades dégénérées qui en sont resté au pastoralisme et au mythe d’une agriculture sans OGM. Las ! Rien ne semble pouvoir civiliser ces arriérés de Barbudos qui préfèrent leur culture démocratique efféminée et leurs idées irrationnelles aux bienfaits du productivisme de marché et aux viriles institutions totalitaires de la Drönésie orientale !

El barbudo, le chef des sinistres commandos de lultra-gauche barbudienne. Sa tête est mise à prix pour 120000 Drönars

El barbudo, le chef des sinistres commandos de l’ultra-gauche barbudienne. Sa tête est mise à prix pour 120000 Drönars

La propagande mensongère de nos ennemis profitait par ailleurs de la position de Jerüberlïn pour instiller ses idées rétrogrades dans les rares poches d’intellectualisme drönésien que  nous n’avons pas encore éradiquées : certains scientifiques, des universitaires et quelques vils artistes contemporains et autres scribouilleurs à la solde du sinistre El Barbudo osaient quitter la Drönésie pour se mettre au service de nos ennemis héréditaires. C’était intolérable !

C’est pourquoi, après avoir tapé très fort avec ses poings musclés sur la table ronde du Conseil Supérieur de la Guerre Totale, notre Vénéré Guide Suprême, Dröne, a décidé de la construction d’un mur de 800 km pour couper définitivement le dernier accès ouvert entre la Drönésie et la Barbudie. Et tant pis si des familles  de Jerüberlïn sont séparées par ce mur : notre politique de civilisation ne saurait souffrir la moindre résistance !

Un mur est toujours la garantie du bonheur dans la sécurité, pour une plus grande convivialité du totalitarisme

Cependant, dans son immense générosité, Dröne, dont la culture politique est au pays ce que le soleil est à la Terre, a tenu compte des leçons tirées des expériences successives du mur de Berlin, du mur de Jerusalem, de la construction d’une frontière barbelée entre les USA et le Mexique, ainsi que de la construction progressive d’un mur administratif entre nos voisins français et les pays du Maghreb. Car en vérité, Dröne vous le dit : si les populations de ces pays n’ont pas approuvé à 99,99% les bienfaits de tels murs, pourtant nécessaires à toute politique de civilisation, c’est à cause d’un manque évident de totalitarisme participatif pour accompagner les justes et légitimes décisions prises par l’État. Comme l’objectif de notre Guide Suprême est d’obtenir 99,99% de satisfaction de sa population après la construction du mur de Jerüberlïn, Dröne a convoqué un cabinet privé de consultants en totalitarisme participatif , le cabinet Jack Seguela & Co. Après une étude sociologique et communicationnelle d’environ 10 minutes menée auprès d’un panel représentatif de la population drönésienne acquise aux visées civilisatrices du Présidictateur, les résultats quantitatifs donnés par le grand ordinateur central du Centre de Sociologie Positive (CSP) du Certets de l’université de Drönésie sont sortis. La question posée au panel était la suivante : “Approuvez vous chaleureusement, ou vigoureusement, ou totalement la politique de civilisation de notre Glorieux Guide Suprême qui a décidé de la construction participative d’un mur destiné à protéger la population drönésienne des attaques terroristes de l’ultra-gauche barbudienne ?”. Les réponses, scientifiquement vérifiées par ordinateur, sont les suivantes :

  • 97% du panel approuve totalement la politique présidictatoriale. En remerciement de leur soutien, les répondants de ce groupe ont bénéficié d’une prime d’intéressement sur les revenus liés à la construction du mur.
  • 2% du panel approuve vigoureusement la politique présidictatoriale. Les répondants de ce groupe feront partie d’un groupe de rééducation par le travail participatif et contribueront ainsi à l’édification du mur.
  • 1% du panel n’a approuvé que chaleureusement la politique présidictatoriale. Ces esprits dégénérés non conformes à notre politique de civilisation ont été immédiatement exécutés après un procès sommaire et une séance d’auto-critique publique.
Les coloris gais et fonctionnels choisis par le panel participatif améliorent grandement lacceptabilité du mur par les populations locales

Les coloris gais et fonctionnels choisis par le panel participatif améliorent grandement l’acceptabilité du mur par les populations locales

Satisfait de ce processus participatif, Dröne a décidé d’ajouter un peu de fantaisie à sa politique de civilisation en laissant le groupe des répondants totalement acquis à sa cause choisir la couleur du papier peint qui recouvrira la surface du mur. En dignes représentants de la culture officielle drönésienne, le panel a choisi une couleur à la fois gaie, seyante, et fonctionnelle. Nul ne doute plus maintenant de la réussite de cette politique de totalitarisme participatif : Vive la Drönésie orientale ! Vive Dröne ! Vive le mur de Jerüberlïn !

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