mercredi 21 novembre 2018
Site officiel de la Présidictature de Drönésie orientale. Vous pénétrez sur un territoire étroitement surveillé : tout abus sera sévèrement puni.

Déménagement

Déménagement drönésien en terre d’écoute

Par notre envoyé spécial : Le Lion Bleuflorophage

Hier, le Palais présidictatorial a été déplacé pour des raisons de sécurité : l’aqua alta, une eau impropre à la consommation, a en effet été lâchement déversée par les barbudiens qui tentent ainsi de saper le moral des troupes drönésiennes.

Le plus difficile a été le déménagement du palais présidictatorial. Dans sa hâte à quitter un endroit désormais irrémédiablement inondé par l’aqua alta, le Présidictateur a décidé d’éviter toute perte de temps de démolition et reconstruction, en favorisant la translation de tous les éléments de l’univers drönésien en bloc, vers la terre d’Écoute.

Cette terre avait été repérée par le présidictateur en personne, depuis le sommet du palais où il avait installé une vigie dès le soir de la funeste journée où la Drönésie s’est réveillée, consternée, sous les eaux barbudiennes provenant de la destruction des immenses digues qui jusqu’ici régulaient les différences de niveaux entre les deux univers.

Le repérage de la nouvelle terre s’est effectué à l’ouïe, depuis la vigie, afin d’éviter toute désillusion qui aurait résulté du surgissement d’une vision dorée, phénomène fréquent sur les grandes étendues désertiques.

Le présidictateur a violemment tapé du pied par terre lorsque ses conseillers lui ont annoncé les délais nécessaires à la recomposition de la Drönésie sur la terre d’Écoute, après phase de déconstruction. Les conseillers se sont retirés prudemment tandis que le présidictateur repoussait avec une rage non dissimulée son assiette de potage, prélude à la menace d’explosion d’une présidictatoriale tempête de colère.

Dès le soir, après quelques heures de méditation, le Présidictateur a chargé sur ses épaules les principales installations dronésienne et les a transportées la nuit durant vers le nouveau port. Six cent chevaux ailés parfaitement invisibles l’ont aidé à son insu, soulevant discrètement les lourdes charges accrochées aux mors avec du fil de pêche d’excellente qualité, entremêlé de cheveux de petites filles blondes et nouvelles nées, pour garantir la parfaite résistance du dispositif.

Dès que le présidictateur s’immobilisait, soupçonnant une présence, un froissement, ou une sensation, les six cent chevaux s’arrêtaient de même dans un parfait ensemble, statufiés dans de splendides postures qu’hélas aucun artiste n’aura pu immortaliser. Treize fois le Présidictateur s’est interrompu dans ses trajets et treize fois l’équipage s’est suspendu dans la nuit, frémissant, légèrement irrité et impatient toutefois en dépit de la discipline Bunraku qui a inspiré cette tactique.

Finalement le Présidictateur est apparu dès l’aube portant le dernier édifice restant, le palais présidictatorial, tandis que les dronésiens stupéfaits ouvraient leurs volets sur un paysage nouveau, tout s’étant déroulé pendant un sommeil que la confiance dans l’ingéniosité présidictatoriale n’avait pas altéré durant ces jours d’épreuves.

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