jeudi 27 juillet 2017
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Les Médiocrates

Haut lieu de culture sécuritaire, la Drönésie Orientale bénéficie d’un savoir ancestral en matière de propagande. Cependant, un redoutable fléau réussit parfois à troubler la quiétude des drönésiens : Régis Debrayo, le redoutable chef de file du gang des intellectuels médiocrates !

Les intellectuels médiocrates

Persuadés que les livres ne sont rien d’autre que des parallélépipèdes rectangles susceptibles d’être achetés et vendus, et que le savoir se résume à la matérialité de ses supports de diffusion, les Médiocrates développent une philosophie ultra-matérialiste qui a fait de nombreux ravages dans l’intelligentsia dégénérée de la cour d’El Barbudo. En effet, les barbudos ne mesurent plus aujourd’hui la force d’un raisonnement qu’au nombre de pages qu’il occupe, et au nombre d’exemplaires de livres vendus !!

Régis Debrayo, un révolutionnaire transformiste

Le chef de file de ces propagandistes est Régis Debrayo, un ancien élève de l’Ecole Normalisatrice Sacrificielle d’Hüuulmh (un camp d’entrainement à la rhétorique de combat pour les barbudos de bonne famille) :

Regis Debrayo

Une photo de classe de Régis Debrayo, lors de sa formation au combat rhétorique. On reconnaît le sigle « R » des rhétoriciens barbudos. Nul doute que l’ego phénoménal de l’Hüuulmhien n’y ait vu un signe du destin, ce « R » correspondant également à l’initiale de son prénom…

A la suite de sa formation à l’Ecole Normalisatrice Sacrificielle d’Hüuulmh, Régis Debrayo obtient en 1960 un BAC (Brevet d’Aptitude au Combat) option « Philosophie du parallélépipède rectangle et iconologie tantrique » qui l’oriente tout naturellement vers une carrière de révolutionnaire de salon. Il s’engage alors aux côtés de Khi 1, un révolutionnaire marxiste en lutte contre El Barbudo.

Après avoir compris que pour faire la révolution, il faut se battre, Debrayo déclare dans la presse à scandale que Khi 1 est « cruel, fanatique et despotique« . Il trahit alors Khi 1 dans des circonstances obscures, rejette le marxisme et rejoint à partir de 1981 El Barbudo. Ce dernier lui offre un poste de consultant en marketing politique social démocrate. C’en est fini de sa période « révolutionnaire de salon », il sera maintenant un philosophe de salon aux ordres du Prince : Debrayo expérimente là sa première transformation. En effet, comme tous les agents au service d’El Barbudo, sa philosophie politique est à géométrie variable, et son physique répond lui aussi au principe barbudo de mutation perpétuelle : « rien ne se perd, rien ne se crée, mais tout se transforme« .

Régis Debrayo ouvre alors une pizzéria philosophique où il propose à ses clients une relecture du Cours de philosophie des sciences d’Auguste Comte.

pizzeria

La célèbre pizzéria philosophique de Régis Debrayo, en plein cœur de Barbarosa City. Comme on le voit sur cette photographie prise par Régis Debrayo et subtilisée par notre service des renseignements généraux, le calme de la rue et la paix qui règne autour de la pizzeria philosophique sont à mettre au crédit des enseignements du cours de philosophie positive.

Tirant tous les enseignements de cette saine lecture, Debrayo développe alors les problématiques suivantes :

1. « Comment ne rien observer pour ne rien comprendre, et comment ne rien comprendre pour ne pas agir ?« . A cette interrogation typiquement barbudienne, Debrayo répond par un voyage ethnographique au Kossovo où il constate qu’en effet, « il est facile de ne rien voir quand on n’a pas les yeux en face des trous » (Debrayo, Régis, Cours de pizzayologie Générale, Paris : Däs World éditions, 1999).

2. « Comment décrire rationnellement et exhaustivement l’ensemble de toute les structures sociales ayant existé à la surface de la planète en les divisant en trois temps historiques : la stylobillosphère (sphère du stylo-bille), la kodakosphère (sphère de l’appareil photo jetable), et la pizzastratokossovosphère (sphère de la pizza philosophique en lévitation tantrique au Kossovo) ?« . A cette question fondamentale, Debrayo répond par une argumentation typiquement médiocratique : « On peut le faire, la preuve : je l’ai écrit » (Debrayo, Régis, Dieu, la trottinette et moi, Paris : Galimatias Éditions, 1996)

C’est suite à l’interrogation d’une pizza sacrée, lors d’une séance d’ekphrasis avec Marie Jozé Mondaine et Sergueï Tisseronovitch (deux médiocrates assermentés et titulaires du BAC avec option « ekphrasis des familles et métaphysique du stylo bille« ) que l’illumination serait parvenue jusqu’au cerveau tourmenté de Régis Debrayo.

pizzaiolo

Régis Debrayo en pleine ekphrasis : on reconnaît dans la vitrine la Pizza Sacrée Médiologique qui lui sert habituellement de preuve lors de ses expériences iconométriques et qui représente la division ternaire du monde social et historique en trois états stables : la stylobillosphère, la kodakosphère et la pizzastratokossovosphère.

Cette pizzéria philosophique devient alors un lieu de réunion où les Médiocrates transformistes fondent les Cahiers du Carnaval Iconographique, une revue propagandiste à caractère trotinetto-médiographique qu’ils larguent par avion au-dessus du territoire drönésien, espérant que leur prose pourrait y convaincre quelqu’un.

A ces lamentables tentatives d’intimidation, nous répondons par un rire franc et serein : « Moooooouuuuuaaaaarf ! » (Dröne, Œuvres complètes, tome XVVI, Dröne City : Éditions du Fer et de l’Acier, 1998) et par un argument sans appel : « Z’y va, l’autre, hé ! : baisse la tête, t’auras l’air d’un coureur ! Pfffff ! » (Dröne, Œuvres complètes, tome XXIVVI, Dröne City : Éditions du Fer et de l’Acier, 1999). Le rire reste en effet l’arme la plus efficace contre la médiocratie !

« Dieu, la trotinette et Moi » : la crise mystique de Débrayo

Aujourd’hui, Régis Debrayo en est à sa 36ème transformation : l’ancien révolutionnaire marxiste devenu conseiller en marketing politique social démocrate, puis éditorialiste de droite à Däs World, le célèbre tabloïd français, puis conseiller anti-sauvageons de Khi 2 (un obscur révolutionnaire républicain-fascisant semi-comateux), est maintenant persuadé qu’il faisait fausse route avec sa philosophie médiocratique et matérialiste. Les livres ne seraient plus de simples parallélépipèdes rectangles, mais l’émanation d’une volonté divine transcendantale qu’il conviendrait de propager dès l’école maternelle dans des cours d’obscurantisme religieux. On envisage d’ailleurs, dans les maternités barbudiennes, de procéder à une évangélisation foetale précoce dès le 3ème mois de la grossesse.

En effet, après de longues secondes de méditation pizzaïologiques, Debrayo a déclaré à la cours d’El Barbudo : « La relégation du fait religieux hors des enceintes de la transmission rationnelle et publiquement contrôlée des connaissances, favorise la pathologie du terrain au lieu de l’assainir. Le marché des crédulités, la presse et la librairie gonflent d’elles-mêmes la vague ésotérique et irrationaliste. L’École républicaine ne doit-elle pas faire contrepoids à l’audimat, aux charlatans et aux passions sectaires ? » (Debrayo, Régis, Rapport de mission au Ministère de la Propagande Éducative, février 2002). Autrement-dit, si la rationalité est en déroute dans nos écoles et dans notre société, et si le sens critique y disparaît, le mieux à faire est encore de réduire les temps accordés aux matières scientifiques pour les remplacer par de l’évangélisation…

Nul doute que les spéculations métaphysiques sur le moteur à trois temps de l’histoire sociale, ainsi que les visions de bonheur pizzaïologique à Pristina étalées à grand renfort de publicité dans la presse barbudienne, relèvent d’un esprit éclairé bien placé pour réfléchir sur l’irrationalisme, le charlatanisme, et les errements médiatiques…

A tout cela, nous répondons résolument : « Mooooouuuuaaaaarfff !!!« .

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