Live

Le live m’intéresse autant que l’enregistrement, pour son caractère éphémère, pour la rencontre avec un public, et aussi parce que dès qu’on branche des machines sur une sono – qui a ses qualités et ses défauts – on affronte la surprise : rien ne sonne comme prévu, et ce qui devient excitant, c’est de faire avec, d’improviser avec ce son-là sur la base du travail préparatoire, et de voir quel trajet on pourra effectuer avec les spectateurs. Je travaille souvent à partir de textes (politiques, poétiques, etc.) autour desquels j’organise des compositions plus que des mixes, de façon à produire un effet narratif.

J’ai particulièrement apprécié les free-parties en raison des temporalités longues qu’elles permettent en live : loin de la décharge d’énergie brutale et rapide de l’heure et demie un peu standard du concert de rock, la free permet (permettait ?) de se mettre en route pour de longs voyages, et de parcourir des territoires sonores diversifiés. J’ai pas mal joué en free, mais aussi en salle depuis 2000. D’abord avec Speedy Jack, mon partenaire de live de l’époque, puis seul depuis son décès. J’ai aussi apprécié le travail avec des VJ ou avec un compère décorateur qui posait des décors indus sur mon live. Par exemple, voici ce que ça donnait en salle, avec Telemak au VJing et avec un décor de Laurent Martinez :

Voici une captation vidéo plus récente réalisée at home pour donner une idée de l’ambiance générale du live que je suis en train de travailler. Tout le live n’est pas de cet acabit : il y aura des parties plus ambient/dub, d’autres plus brutales (j’ai dégoté une banque de samples de blasts de batterie death metal…), et aussi des passages plus “prog” (dans le sens où le travail de déconstruction des structures de l’electro m’oriente pas mal vers des tendances breakcore). Il y a quelques plantages et longueurs, mais c’est une impro dans les conditions du live : merci d’être indulgents ! J’avais pas envie de montrer ma tronche sur le net, d’où la mise en scène Ninja/Présidictateur…