Style ? Quel style ?

On me demande souvent « tu joues dans quel style ? » : j’évite de me laisser entraîner dans ce type de conception de la musique. En effet, c’est le brouillage des frontières esthétiques, l’interprétation et la constante déstructuration des matériaux sonores, qui me permettent de construire mes titres non en référence à des styles, mais pour proposer au public de m’accompagner dans un voyage au cours duquel, pour paraphraser Artaud, ce qui compte c’est de réapprendre à « danser à l’envers ».

Évidemment, cela n’interdit pas d’avoir des repères. J’ai été nourri par le punk, le post-punk, puis la musique industrielle et la tekno des frees, mais également par le jazz et les musiques progressives, la Zeuhl, et jusqu’à la musique classique et contemporaine. L’ambient aussi, et toutes les déclinaisons des musiques dites « extrêmes » : du death metal au grind core en passant par le stoner, pour ce qui est des musiques rock, sans oublier le drone, le noise, la drum’n’bass, le dark step, la drill’n’bass ou le breakcore du côté des musiques électroniques. Voilà pour le genre dropping 😉

De tout cela, il ressort une direction esthétique générale, constante dans mon travail : celle du sombre, de l’inquiétude, du mystère. Les musiques qui m’intéressent, et celles que je joue, ne sont pas destinées uniquement à donner envie au public de danser. Elles ont aussi pour enjeu de porter le fer dans la plaie, de donner une forme au désespoir et au vide de sens de nos vies. Elles peuvent aussi nourrir des interrogations politiques. C’est pourquoi, je n’ai jamais souhaité transformer les scènes où j’apparais en simples dance-floors, même si je respecte le jeu des corps et si j’apprécie la subversion du mouvement. Ce que je cherche se situe au-delà de la dance, dans une écoute réflexive mais toujours en mouvement. C’est d’ailleurs pourquoi, je travaille souvent à partir de textes (politiques, poétiques, etc.) autour desquels j’organise des compositions, parfois narrativisées, plus que des mixes.