Marseille, 16-17-18 mai 2003

drÖne et Vortex ont participé au 2ème festival des Arts des Lieux de Marseille du 16 au 18 mai 2003 avec le collectif Roulez Boulez (La Tête dans les étoiles, La Méduse Articulée, TKSE, Pakatunes, TILT, Iwipita, Freesson, Cellular Indigen, Vortex, drÖne, Öko System).

Le Festival des Arts des Lieux est une initiative de l’association Arènes qui regroupe des sociologues et des géographes dans le but d’initier des débats publics sur le thème de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme. L’une des modalités de débat public mise en œuvre consiste à organiser chaque année un festival sur un lieu en cours de transformation : cette année, Arènes a demandé à divers collectifs d’artistes de mettre en scène le Jarret, une rivière qui coule au nord de Marseille et qui va être recouverte par une charmante rocade…

Dans le cadre du festival, Roulez Boulez a proposé un Village Mutant Mutin au sein duquel drÖne et Vortex ont présenté une installation visuelle et sonore, ainsi qu’un live (ambient).

Après lecture du dossier d’appel à propositions du festival, le collectif Roulez Boulez a retenu l’idée de regrouper ses activités sous la forme d’un « village ».

J’avais proposé l’idée suivante pour compléter la réalisation du village en lui apportant une dimension symbolique : le rituel de l’Axe Sacralisant.

Le rituel de l’Axe Sacralisant

Si l’on analysait la situation dans laquelle la commande d’Arènes plaçait les collectifs d’artistes vis à vis de la réalisation de la rocade, on constatait une intéressante similitude avec l’antique pratique des rituels de fondation, en particulier lors des fondations des villes grecques ou romaines. Dans l’antiquité gréco-latine, les oracles ou des magistrats (augurs) étaient consultés avant l’édification de monuments ou de routes. Sur la base d’une interprétation de signes naturels (vols d’oiseaux, etc.), ils communiquaient à ceux qui le leur demandaient l’avis des dieux concernant le bien fondé ou non de l’édification du monument, ainsi que les limites de l’espace qui, en vertu du rite, allait devenir sacré. Aujourd’hui, un peu métaphoriquement, on demandait à des artistes de créer des représentations artistiques du territoire avant de sacraliser notre adhésion collective au règne de la voiture et au pouvoir des bâtisseurs sur la nature (qui sera détruite localement) et sur la cité (qui sera modifiée).


Dans ce contexte, j’ai proposé de symboliser cette idée d’un rituel de passage, de manière à la rendre explicite pour le spectateur. Concrètement, l’idée était de réaliser un « axe sacralisant », au sens des voies impériales romaines ou des multiples axes sacralisant sur lesquelles les empereurs romains revenaient triomphalement de leurs campagnes. Plusieurs éléments étaient prévus pour matérialiser cet axe :


Un arc de triomphe : une sorte de porte, ou de tunnel, dans lesquels les spectateurs devaient passer avant d’arriver au village (ou pour en ressortir). Cette porte symbolisait la transformation du paysage, le passage de l’état naturel à l’état urbain, et devait permettre au spectateur d’anticiper sur le caractère bruyant et pollué du site lors de la visite : il s’agissait de compenser l’effet festif du village et l’ensemble des installations musicales par un discours plus critique sur l’opération « rocade ». Honnêtement, l’Arc de triomphe a pêché par une réalisation un peu hâtive (on a manqué de bras pour le construire).

Un temple dédié aux gaz d’échappements : une structure cubique transparente renfermant une fumée en suspension. On a récupéré des bambous sur le terrain où était installé le village Mutant Mutin, et on a construit un cube d’environ 2m d’arête, recouvert de bâche translucide. Une machine à fumée, quelques projos, et hop ! C’était réalisé : ça fonctionnait bien, visuellement, surtout en pleine nuit !

Avec SpeedyJack et quelques activistes de Roulez Boulez, on a également construit, toujours avec les bambous du terrain, un triptyque d’écrans. Ça aussi ça claquait bien la nuit, lors des projections vidéo d’Iwipita et de Vortex ! Manque de bol, il y a eu pas mal de problèmes d’électricité, et ce triptyque est resté un peu trop souvent éteint : il faut dire que tout était fait sans moyen, avec très peu de monde présent pour bosser sur place, et sans financement… Merci à Fred, Mathieu, SpeedyJack et quelques autres qui étaient aussi là mais dont j’ai oublié le nom pour leur aide précieuse !

En plus de ces activités de bricolage écologique et d’installation de la structure scénique, on a aussi fait notre live : c’était franchement agréable, d’autant qu’il y avait des jongleurs, des cracheurs de feu, et qu’un groupe de gamins des cités est venu danser la Capoera sur notre live !

Voir le rapport en images (très complet) du Professeur Tournesol

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